Le mois de mars n'était pas encore fini que déjà les journaux, la télévision et les habitants de Prado del Rey ne parlaient que d'une chose : le temps qu'il ferait du 5 au 12 avril.
Mais pourquoi un tel interêt pour cette semaine-là ?
Parce qu'il s'agit de la Semaine Sainte !
Une semaine pendant laquelle toute l'Espagne catholique (c'est-à-dire toute l'Espagne) va sortir dans la rue, en procession, derrière leurs icônes religieuses et si Dieu est agréablement touché par ces démonstrations, ce n'est pas pour autant qu'il va garantir le beau temps.
Le principe de la semaine sainte est le suivant : du dimanche des rameaux jusqu'au dimanche de Résurrection (la veille de notre lundi de Pâques), l'Espagne va commémorer les derniers jours du Christ.
Chaque église possède son 'Hermandad' (confrérie) qui se charge tout au long de l'année de préparer un Christ et une Vierge-Marie et tous leurs costumes en vue de la procession.
Chaque hermandad va, à tour de rôle, sortir son Christ et sa vierge, portés sur des chars qu'on appelle 'paso'.
Les pasos sont portés à épaules d'hommes. Ils sont magnifiquement décorés avec des
centaines de fleurs et de cierges. Suivant la taille du paso et son poids, entre 20 et 40 hommes sont nécessaires pour le porter. On les appelle les 'costaleros'.Avant et après le paso, marchent les pénitents ou 'nazarenos'. Ils portent tous le même costume caratéristique avec leur capuchon point qui nous fait tant penser au Ku Klux Klan. Seule la couleur de leur tunique change suivant les confréries.
Certains pénitents portent une grande croix en bois sur l'épaule, comme le Christ. Il s'agit de gens qui ont fait une promesse et qui portent la croix pour remercier Dieu d'avoir exaucé leur voeu. De même, d'autres font tout le chemin pieds nus.
Tout au long de la semaine sainte, chaque jour sort une hermandad différente qui porte un Christ différent : ils retracent ainsi la dernière semaine de la vie de Jésus : Christ sur sa mule entrant dans Jérusalem (dimanche des rameaux), Christ recevant le baiser de Judas, Christ portant sa croix (jeudi saint), Christ crucifié (vendredi saint), Christ ressucité (dimanche de résurrection).
Nous avons vécu la semaine sainte en divers endroits :
Le dimanche des rameaux à Prado del Rey :
Le Christ entrant à Jerusalem (icône appelée également 'La burriquita' (petite mule)) :
Le mardi saint à Jerez de la Frontera :
Dans la rue principale ('Calle Larga'), se succèdent 4 confréries. Chacune avec sa couleur de tunique, chacune avec son paso de Christ et son paso de vierge.
Angèle et Sandrine semblent bien s'amuser
Les violets (Allez le TFC !!)
Les rouge et noir (Allez le Stade !!)
Les enfants font des boules de cire fondue Christ martyrisé par les romains
La Vierge et Saint Jean Des pénitents
Le mercredi saint à Prado del Rey :
La procession de Jesus el Nazareno avait lieu de nuit.
Le paso de la vierge était porté uniquement par des filles, ce qui est relativement rare.
Les pasos sont très lourds et les pauvres jeunes filles ont beaucoup souffert pendant tout le temps qu'a duré la procession.
Le jeudi saint à Seville :
A Séville, les hommes portent costume et les femmes portent toutes une robe noire (elles portent le deuil du christ) et la mantille (sur la tête).
Les pasos sont somptueux, les processions contiennent de très nombreux
nazarenos.
Nous sommes restés pour voir ce qu'ils appellent 'la madrugada' c'est à dire la nuit entre jeudi et vendredi saint. Les plus grandes hermandad sortent cette nuit-là (El Gran Poder, la Macarena, la virgen de Triana, le Christ des Gitans...).
Nous avons attendu de 23h à 1h du matin sur la place San Lorenzo pour voir sortir le Jesus del Gran Poder. Il s'agit de la plus grande confrérie de Seville. 2500 nazarenos !
Dans un silence impressionant, ils sortent sans interruption pendant une heure. Au bout d'une demi-heure sort de l'église le Jesus du Gran Poder. De certains balcons des gens lui chantent un chant, une dédicace sur un air flamenco qui vous prend aux tripes. Ils appellent cela des 'saetas'.
Cela a été la procession qui m'a le plus touché.
Quant à moi (Cécile, et Maman Sandrine aussi d'ailleurs), après déjà environ 4 heures de processions de jour (sans compter celles de Jerez, 2 bonnes heures, et de Prado del Rey...), j'avais largement eu ma dose de "Chapeaux-Pointus"...!!
Malgré tout, nous avons attendu encore deux heures par terre, serrés comme des anguilles, sans pouvoir trouver un seul café!!, à attendre...quoi??
Les "Chapeaux-pointus"...!
Mais violets cette fois !! et encore deux heures de procession ! mais c'est vrai que cette sortie était émouvante...bien que l'adoration des idoles ne soit pas de mon goût...
Enfin, le dimanche de résurrection à Prado del Rey :
A 8 h du matin, les portes de l'église s'ouvrent et apparait la patronne du village : Nuestra Señora del Carmen.
Ils s'arrangent pour que le premier rayon de soleil qui entre dans l'église vienne éclairer son visage et c'est tout simplement grandiose. Des pétards partent dans le ciel, la cigogne s'envole du clocher et fait des tours de place, la musique de la fanfare démarre, et le visage de la vierge semble tout à coup plus pur et plus chargé d'émotion que jamais. Cécile en a même eu les larmes aux yeux (mais pas de révélation mystique qui eu pu la faire entrer dans les ordres, Dieu merci).
Cécile : J'avoue, c'est vrai, avoir été émue car c'était très beau, et ce rayon de soleil....enfin, rien de mystique je vous rassure, et il faut dire aussi que Paqui et une amie Isabelle pleuraient à côté de moi... Enfin, j'ai surtout beaucoup aimé qu'il n'y ait plus les "Chapeaux-Pointus"..! et que ça soit plutôt un jour de fête (et oui ! Résurrection, plus de lamentations...), ensoleillé et très gai ! un village haut en couleurs !
Et voilà, c'est fini pour la Semaine Sainte.
Déjà nous voyons arriver le temps des férias et des réjouissances.
A très bientôt.
Allez, d'un peu plus près c'est plus facile...
Ce
qu'elle fait le plus souvent, c'est le 'puchero'. Il s'agit d'une sorte de soupe de riz et pois chiches agrémentée d'un morceau de viande et d'un morceau de boudin.
Que dire d'autre ?
Bon, allez, je vous laisse car le repas est servi.